Nebaj

Département : El Quiché
Pays : Guatemala
Population : 10 000 hab.
Durée du séjour :  4 j.

Vagabondages-Nebaj-10

Terre propice aux randonnées, la région Ixil présente un enchevêtrement de vallées verdoyantes et oscille entre 700 et 3 300 mètres d’altitude. Quelques villages principalement indigènes peuplent ces montagnes, majoritairement recouvertes de prairies, de maïs et de café. La plus importante de ces bourgades est Nebaj, qui fut notre base pour les quelques jours passés dans les environs. Notre premier aperçu du lieu fut embrumé par les nuages et la bruine. Murs de parpaings détrempés se fondant au gris des nuages, rues de béton terne où ruisselle la pluie. Et, tranchant vivement dans cet univers en demie-teinte, les jupes des femmes, larges étoffes d’un rouge vif qui étincellent au gré des pas de leurs propriétaires, lesquelles leurs assortissent volontiers des corsages minutieusement brodés de motifs géométriques et des coiffures élaborées mêlant longues chevelures et tissus entortillés.

Alentours se dressent les sommets des montagnes, drapés de brouillard. Quelques routes et sentiers pédestres se nichent entre les cols et les vallées, facilement accessibles grâce à un guide édité par la municipalité dont les explications sont presque claires. Nous avons ainsi pu en arpenter les chemins pendant quelques jours, partant de bon matin pour déjouer les averses qui s’abattent immanquablement sur la région une fois l’après-midi venu. Tentative vouée à l’échec, car dès le premier jour un orage nous a surpris dès que nous avons entamé le trajet du retour entre Acul et Nebaj. Il faut dire qu’après pas mal de dénivelé et beaucoup plus d’émerveillements, nous avions découvert sur place de la TOMME DE VACHE, avec un vrai goût de fromage, pour nous remettre de nos émotions, ça nous avait retardés.

Autre rando mémorable, celle effectuée entre Cotzal et Chichel. Quelques heures magiques passées à sinuer sur les berges d’une rivière, empruntant parfois des sentiers plus escarpés. Malgré l’abondance de boue par endroits et mes chaussures inadaptées, j’ai réussi à ne gauger qu’une fois (gauger signifie tremper son pied dans la boue en Bourguignon) ! Parfois, une barrière de bois nous conduisait droit sur un troupeau de vaches peu belliqueuses, et chaque habitant avait un mot pour nous, ravis que nous prenions le temps d’apprécier leur terre. Notre but, un petit hameau ambiance bout du monde, doté d’une place principale aux abords de prairie où s’ébattent enfants et poules. Une trentaine de maisons de bois peint bordent les deux rues qui forment le village, encadrées de jardins et de cours bien entretenus. L’heure et la pluie nous y ayant surpris, nous avons pris l’unique moyen de transport disponible pour rentrer avant le lendemain, à savoir le tuc-tuc (je soupçonne qu’il n’y en ait qu’un). Pendant que nous attendions son arrivée, le jeune Valentino nous a bombardés de questions et de démonstrations de force sous les yeux curieux d’un groupe de bambins bien plus timides. Ensuite, l’heure de tuc-tuc passée à cahoter sur des sentiers truffés d’ornières et parfois traversés par des rus, coincés entre une vieillarde partie ramasser son bois spécial pour allumer le feu dans la forêt et son petit-fils, nous a mémorablement marqués.

La belle région Ixil, bien qu’elle ne brille pas par sa gastronomie, ne nous a pas livrés tous ces trésors, et il est possible d’y faire des treks de deux à dix jours pour prendre le temps de découvrir tous ces secrets.

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