Côte caribéenne de la Colombie

Pays : Colombie
Durée du séjour :  12 j.

Vagabondages-Côte caraïbe de la Colombie-25

Ville la plus touristique de Colombie, Cartagena est à l’image de son pays, une terre de contrastes. Les rues sont à peine goudronnées dans les quartiers pauvres ; le centre historique révèle entre ses épaisses murailles plus de quatre cents ans d’histoire mis en valeur par une kyrielle de plantes fleuries ; et sur la presqu’île de Boca Grande, les tours dédiées au tourisme de masse s’empilent à n’en plus finir et les boutiques rivalisent avec les grands magasins du boulevard Haussmann.

A quelques encablures de la l’immense zone portuaire de la ville, il y a Playa Blanca. Eaux turquoise, sable blanc et cocotiers, on ne reviendra pas sur le charme infini des paysages caribéens. On notera tout de même la présence de calcaire corallien, rochers aux formes circonvolues qui parsèment la plage et la forêt attenante. Mais le lieu devient encore plus fascinant si l’on ne se contente pas d’y rester juste une après-midi ensoleillée et qu’on a la chance d’y passer quelques jours en bonne compagnie comme se fut notre cas. Grâce à une amie d’amie, nous avons ainsi pu squatter les hamacs du rasta de la plage – rasta autant par les dreadlocks que par la philosophie de vie – et découvrir son quotidien et ses préoccupations dans une cabane sans eau ni électricité.

Les journées passent comme un rêve quand elles consistent en baignades, plongées au masque et au tuba, dégustation de poissons grillés tout juste pêchés et de jus de maracujas. L’ambiance se teinte d’irréalité lorsque, le soir venu, on allume les bougies pour s’éclairer et le feu pour cuisiner (à ce propos, les pâtes au barbecue doivent cuire environ quarante-cinq minutes et deviennent carrément dégueulasses,  je déconseille fortement). L’hygiène prend un côté Robinson Crusoé s’il faut remplir dans la mer le seau destiné à vider les toilettes et attendre plusieurs jours un bidon d’eau douce pour pouvoir se décrasser et se dessaler. Mais la réalité vous revient en pleine face lorsqu’il s’agit de ramasser les déchets plastiques qui s’empilent sur la plage. Tentative vaine au vu de la quantité d’ordures concernée et attendu que les locaux et touristes, absolument pas sensibilisés à ce sujet, s’en moquent éperdument voire se fâchent dès que l’on aborde cette problématique.

Un peu plus loin à l’Est sur la côte, le joyau, la fierté des colombiens caribéens, j’ai nommé le parc Tayrona. Réputation non-usurpée pour ces cent kilomètres carrés de criques, de montagne et de jungle. En plus d’apprécier une flore variée et une myriade de lézards multicolores (que seul le photographe averti, patient et bien équipé saura immortaliser), le visiteur attentif aura loisir d’y observer des singes, des oiseaux, des iguanes, des grenouilles… Il découvrira sur la plage des cailloux et coquillages de toutes les couleurs, ou les ruines antiques de Pueblito si deux heures de randonnée abrupte ne le découragent pas. Il pourra à sa guise suivre les sentiers balisés ou se perdre dans la jungle moins fréquentée. À moins d’être sacrément aigri ou blasé, il en ressortira dans tous les cas émerveillé.

Encore un peu plus loin sur la côté, Palomino. En proie aux trafics de drogues et guerres de clans il y a tout juste une quinzaine d’année, ce village propose désormais avec bonheur et réussite ses atouts aux touristes, qui n’y sont pas – encore – trop nombreux. Il faut dire qu’il a de quoi attirer les foules : des plages (plus adaptées aux surfeurs qu’aux nageurs du dimanche ceci dit), un cours d’eau qui termine sa course en s’unissant à la mer, des alentours verdoyants, la possibilité d’admirer par temps clair le sommet du pic Cristóbal Colón qui culmine à 5 776 mètres d’altitude à quelques cinquante kilomètres de là, et surtout (pour nous) un village fleuri et choyé par ses sympathiques habitants. Un seul exemple : extasiez vous sur un hibiscus blanc – et rare – devant une maison, et sa propriétaire vous invitera à visiter son jardin, ornemental et médicinal, commentaires à l’appui. Ajoutez à ceci un hostal accueillant et bien fréquenté, et vous aurez une idée de l’affection que nous portons désormais à Palomino, quoique que notre séjour y fût (trop) court !

La côte caribéenne est à l’image de son pays : superbe et peuplée par des habitants extrêmement chaleureux. Comme on aime à le dire, les éléments se sont appliqués quand ils ont accouché de la Colombie.

2 commentaires sur “Côte caribéenne de la Colombie

  1. J’adore le taxi rallongé ! Et évidemment tous les paysages exotiques. Marilou et son humour avec des mots choisis ! Tu n’auras pas paumé ton français !

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