Équateur

Population :  16 millions
Durée du séjour :  13 j.

Vagabondages-Equateur-9

Passage express en Équateur pour deux marmottes attristées de quitter leur Colombie bien aimée et pressées de descendre au sud du Pérou pour y retrouver des amis. D’une part nous n’avons visité que très peu d’endroits, et d’autre part nous ne nous sommes pas foulés en excursions, à l’exception notable de Baños sur laquelle nous reviendrons.

L’Équateur, nous l’avons donc essentiellement découvert à travers les vitres des bus, et la diversité de ce petit pays (uniquement au regard des géants péruvien et colombien qui l’entourent) n’a pas lassé de nous impressionner. Porte d’entrée des Andes, il se plisse en son centre en une myriade de montagnes abruptes, bordées à l’est par l’Amazonie et à l’ouest par le Pacifique.

Côté Amazonie, nous nous sommes contentés de quelques nuits et journées de farniente à Tena. Les prix des excursions y étant prohibitifs pour notre bourse limitée, nous ne sommes même pas sortis de la ville, et nos interactions sociales se sont limitées aux tenanciers (pas si aimables) de l’auberge où nous étions les seuls touristes et aux vendeurs du marché et des magasins où nous faisions nos courses (et là aussi, le contraste avec la sympathie à laquelle nous étions habitués en Colombie s’est largement fait ressentir). Un peu de repos aussi pour nos appareils photo qui n’étaient jamais restés autant inactifs, et pour nos êtres qui nécessitaient de prendre un peu de recul sur les multiples expériences qu’ils avaient vécues en Colombie.

Sur la côte Pacifique, nous avions décidé de fuir comme la peste la destination la plus touristique, Montañita, réputée comme l’épicentre de la fête et des drogues en Équateur. Bien nous en a pris, car la soi-disant beaucoup plus tranquille Canoa ne l’était pas tant que ça et ne nous a pas bouleversés les sens. Une plage assez polluée et blindée de paillotte pas très bon marché, une ville contenant deux à trois fois plus d’hôtels que d’habitations, des difficultés à s’approvisionner en fruits et légumes car les restaurants sont légions, le tout plombé par un ciel toujours couvert… Nous ne sommes pas – encore – devenus snobs mais ce n’est pas exactement le genre d’endroit où nous nous sentons le plus à l’aise.

Heureusement, quelques rencontres ont ajouté un peu de piment à ce séjour, et particulièrement celle d’un couple de jeunes français partis pour un an de voyage comme nous, mais débarqués depuis à peine trois semaines. Pimenté, c’est le cas de le dire, car si leur rencontre a permis à elle seule d’ajouter de l’animation, la fin de la première soirée que nous avons passée avec eux a été plus que chaude.

En effet, bleusaille que nous sommes, nous avions choisi d’aller boire un dernier verre sur la plage – non éclairée. Fou-rire et très agréable discussion étaient au rendez-vous, jusqu’à ce que nous nous décidions – bien sagement – à rentrer nous coucher. Et là, une succession d’évènements embrumés par l’obscurité  et un léger excès d’alcool a mené au drame. Deux malotrus se sont jetés sur nos toutes nouvelles accointances . Le premier s’est largement fait recevoir et s’est sauvé sans demander son reste alors que notre ami voyageur partait à la rescousse de sa belle qui s’était vaillamment agrippée à son sac à main mais n’a pas pu réprimer un cri lorsque la lanière de celui-ci a lâché, la projetant en arrière et laissant tout loisir à son agresseur de s’enfuir avec appareil photo, carte bleue et passeport… Une immédiate course-poursuite n’a pas permis de leur mettre la main au collet, et ne comptez par sur l’aide de la police dans ce genre de cas… Finalement, heureusement que nous ne les avons pas retrouvé, car comme nous ont mis en garde les Equatoriens rencontrés lors de nos recherches, les voleurs auraient pu avoir le coup de couteau facile pour assurer leur mainmise sur leur butin et surtout leur anonymat .

Bien que nous n’en ayons été que les impuissants spectateurs, il s’agit là du plus terrible évènement dont nous ayons été témoins depuis le début de notre voyage. Un rappel brutal mais utile de ne jamais baisser sa garde et de faire attention où l’on met les pieds. Je voudrais aussi rendre hommage à la philosophie et à la réactivité avec laquelle les volés ont pris la chose, car beaucoup auraient nettement plus perdu leur calme à leur place. D’autant qu’ils se retrouvaient bloqués en Équateur pour au moins trois semaines de plus, soit le temps de fabrication nécessaire à un nouveau passeport.

Ayant gardé le meilleur pour la fin, je voudrais à présent évoquer Baños. Ville d’eau comme son nom l’indique (Baños signifiant bains, … ou toilettes en espagnol), cette petite bourgade draine une bonne partie de l’activité touristique et économique de la région. Elle est le point de départ de treks dans la jungle, de randonnées parfois abruptes ou encore de descentes vertigineuses à vélo. Sur une vingtaine de kilomètres de pente quasi perpétuelle, nous avons ainsi eu l’occasion d’admirer une foultitude de cascades se jetant dans le rio (successivement nommé Blanco, Verde ou Negro) du fond de la vallée. Avec à l’arrivée la plus impressionnante de toutes, El Pailón del Diablo, dont je ne saurais estimer le débit mais qui vous réduirait en charpie s’il vous prenait l’idée saugrenue de tenter de la dévaler.

Omniprésence de ruisseaux, de cascades et de cours d’eau, donc, mais aussi de montagnes recouvertes d’une végétation dense et diverse. Mousses multicolores, inflorescences aux couleurs joyeuses, orchidées se balançant délicatement sous la brise, arbres aux troncs tapissés d’épines, eucalyptus odorants, et kyrielle d’autres plantes qua nous ne pouvions identifier ont ainsi égayé nos escapades dans les alentours de Baños.

Entre chaque étape, de longues heures de bus, de nuit, de jour, à l’aube, au crépuscule, nous dévoilaient un pays aux climats et à la géologie très changeants. Montagnes à pic et verdoyantes, quasi alpines par moments (nous avons même croisé un village appelé Los Alpos) ; s’arrondissant et s’abaissant sur les contreforts de l’Amazonie ; devenant de plus en plus sèches, avec une végétation plus rustique, à tendance méditerranéenne, à mesure qu’elles s’élèvent en direction du Pérou. Malgré que nous n’eussions pas eu à l’esprit à le visiter de fond en comble, l’Équateur nous a laissé entrevoir ses richesses au gré de routes sinueuses et jalonnées de panneaux de signalisation vantant le respect de son environnement et de sa faune et flore extrêmement variés, qui font tout l’attrait de ce pays assez touristique.

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