Chachapoyas

Région : Amazonas
Pays : Pérou
Population :  20 000
Durée du séjour :  5 j

La muraille de Kuelap

Vous verrez, au Pérou la nourriture n’est pas du même acabit que dans les pays que vous avez traversés jusqu’ici (Mexique excepté), qu’ils disaient. Ben à Chachapoyas, non. La cuisine y sera plus raffinée, ils consomment davantage de produits frais, des herbes variées… Ben à Chachapoyas, non. Notre première étape péruvienne nous réservait les mêmes almuerzos composés de soupe trop riche et trop salée, de riz froid et de poulet gras que nombre d’autres gargotes auparavant. Heureusement, le reste du pays allait effectivement s’avérer épanouissant gustativement, et la petite ville avait d’autres surprises à nous réserver.

A commencer par notre première rencontre avec les Andes à proprement parler : fini les petits volcans, les collines et montagnettes, on rentrait dans le vif du sujet. De la roche à perte de vue, élevée, plissée sans merci par les mouvements tectoniques. Du paysage lourd, puissant. Ecrasant d’immensité. Vertigineux, pour les novices. Une excellente mise en jambe pour les grandes hauteurs qui nous attendaient plus bas, dans le Sud du pays et en Bolivie. Deux mille sept cent mètres d’altitude, une immense vallée en contrebas et des pics tout autour.

Et accrochées à l’un de ces sommets, les ruines de Kuelap, vestiges de la civilisation Chachapoya. Vendues par les gouvernement comme un second Machu Picchu (qui espère à terme y retrouver la même manne financière), elles ne sont toutefois pas aussi spectaculaires mais possèdent pour l’heure l’avantage  de n’être que très peu touristiques car difficiles d’accès et situées dans une région peu fréquentée. Du haut de leur dix siècles, elles témoignent d’une société très particulière qui aurait été, selon les dires de notre guide, composée de membres à la peau blanche et d’une taille d’1,70m environ. Ce qui, quand on sait que le péruvien moyen se pare aisément de teintes chocolat au lait et dépasse difficilement le mètre soixante en ce troisième millénaire, paraît en effet énorme. Non contente de savoir tailler la pierre à la perfection comme toutes ces contemporaines, cette civilisation avait le génie de construire ses bâtiments en rond, afin de limiter les dégâts sismiques. Le site, érigé sur une enceinte de soutènement monumentale et protégé par celle-ci, mêle tant habitations que temples et pose de sacrées énigmes aux archéologues. Comme par exemple d’où pouvait bien venir l’eau, attendu qu’aucune trace de ruisseau avoisinante n’a toujours pas été découverte, ou bien, et surtout, qu’est-ce qui a causé la fin violente de ce peuple. Les Incas, se pourrait-il bien. Toujours est-il qu’une centaine de squelettes sans sépultures y a été exhumée et que la question reste ouverte. Moins impressionnables par les vestiges de civilisation humaine que par la nature, nous avons particulièrement été marqués par les arbres recouverts d’épiphytes et de broméliacées et butinées par des colibris spectaculaires… Que voulez-vous, on ne se refait pas !

Un commentaire sur “Chachapoyas

  1. Magnifique, grandiose !
    Comme à chaque fois, nous découvrons avec plaisir photos, articles et votre vie ! Merci.

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